Bruxelles, le 26 octobre 2010 ____ Plus de 2000 travailleurs en Belgique resteront ce jeudi 28 octobre travailler chez eux. C’est la première journée nationale du télétravail, une initiative qui a été mise en place, par AOS Studley, Getronics, Microsoft et PwC. Avec cette journée nationale du télétravail, ces acteurs veulent ouvrir le débat autour des possibilités de travail à distance et sur la gestion de l'entreprise, et sensibiliser leurs employés autour des avantages que le télétravail peut offrir au niveau de la qualité de vie, et d’une meilleure productivité.
Dans notre pays, de plus en plus d’entreprises veulent quitter le modèle standard du travail du type 9h/17h au bureau. Leurs employés peuvent organiser leurs journées de travail selon leurs propres priorités, et en fonction du lieu qui s’y approprie le mieux. La technologie et un cadre juridique existent pour mettre en place ce type de fonctionnement. Les employés s'intéressent clairement à ce concept et l'efficacité d’entreprise y trouve sa place. Mais dans de nombreux secteurs encore, le télétravail n’a pas trouvé sa place, bien qu’il pourrait s’intégrer sans aucun problème aux entreprises.
« Une très récente enquête démontre que 64% de la population active dans notre pays éprouvent un intérêt certain dans le télétravail.» A dit le professeur Taskin de la FUCAM et de l’UCL qui effectue depuis un certain temps des recherches à ce sujet. « Pourtant, le travail flexible n’est pas encore intégré partout. Bien que le télétravail ait augmenté de 8% en Belgique depuis 2003, seulement 19% de la population active travaille de temps en temps à la maison. En outre, nous voyons que ce type de fonctionnement n’est offert que pour 25% des organisations. Comparé aux 64% des gens qui ont envie de passer au télétravail, il y a dès lors de la place pour ce développement. Mais la balance est positive : dans une étude comparable datant de 2003, seulement 11% des employés travaillaient de leur maison, nous allons donc dans la bonne direction.»
«Le critère le plus important pour la planification et une balance équilibrée entre vie privée et travail, est le travail flexible, » poursuit le professeur Taskin, «et de ce travail flexible s’en suit une meilleure qualité de vie. Que la famille soit l’un des avantages du travail flexible, est un fait à relier aux jours de préférence pour travailler de la maison: surtout le lundi et le vendredi, suivi par le mercredi ». Les avantages qui s’en suivent sont multiples: une meilleure concentration durant le travail, une meilleure autonomie, et une productivité accrue. On a souvent peur de la perte de contacts sociaux, du manque d’information, et d’une estime diminuée de ce qu’on fait. Mais lorsque l’on démarre de manière effective avec le télétravail, l’efficacité et la qualité du travail se trouvent améliorées, et la balance vie privée/travail subit des changements qui sont fort remarqués ».
« Et c’est précisément pour prolonger cette évolution positive, que nous voulons attirer le débat avec la journée nationale du télétravail, » a précisé Phillip Vandervoort, directeur de Microsoft, et également l’un des organisateurs. « Nous sommes persuadés que la formule peut fonctionner pour beaucoup d'organisations dans notre pays. La technologie visant à collaborer au travers du PC entre collègues, et pour communiquer via internet, existe, elle est sûre, fiable, et fournit des économies fermes au niveau des frais de téléphone et de déplacement.
« Nous venons juste de déménager et nous avons implémenté le concept du « nouveau travail ». Le « où » et le « quand » ne vont plus de pair avec « au bureau » et « de 9h à 17h » : il va de soi que le télétravail joue ici un rôle clé.» Ajoute Benny Covers, directeur de Getronics.
« Notre intention est de faire de nos bâtiments, un lieu de rencontre plutôt qu’un lieu de travail. En permettant à nos employés de travailler à la maison, il y a beaucoup plus de flexibilité pour organiser son travail et le travail au bureau stimule le travail en équipe et le contact social.» A dit le responsable d’AoS Studley, Jan Lecompte.
“Nous recevons encore beaucoup de questions au sujet des aspects RH du télétravail, sur la culture et la politique d’une entreprise lorsqu’elle s’adapte pour adopter un fonctionnement plus flexible – une des grandes conséquences du télétravail -, sur la manière de gérer ces changements (change management), sur la manière d’ accompagner les employés, et enfin sur le cadre légal relatif au télétravail : est-ce que c’est pour tout le monde ? L'employeur peut-il le refuser ? Y-a-t-il un nombre de jours maximum par semaine ou encore sommes-nous assurés ? Notre tâche est de répondre d'avance à ces questions, pour qu'aussi bien l'employeur que l'employé puissent faire de ce projet un vrai succès pour les employés de l’organisation. » A dit Peter De Bley de PwC.
Journée nationale du télé travail: jeudi 28 octobre.
Sur le site web: http://www.journeenationaleduteletravail.be/ chacun peut s’inscrire, et donc confirmer sa participation. Pour l’instant, 20 entreprises et plus de 2.000 employés l’ont fait. Ils resteront simplement à la maison le 28 octobre au lieu de se trouver dans les files pour aller au bureau. De cette manière l’initiative contribue à un milieu plus vert. Lors de cette journée, les participants épargneront ensemble 1.400 heures de transport grâce auquel ils bénéficieront de trois quarts d'heure de temps moyen de travail supplémentaire. Et ce dernier contribue à améliorer la balance entre le travail et la vie privée. Celui qui travaille de la maison peut agencer son travail en fonction de son environnement privé. De cette manière, vous pouvez faire vos emails le matin avant d’aller au bureau, ou avant d’aller déposer vos enfants à l’école et de partir au bureau. Le soir, vous avez plus de temps pour vous occuper des devoirs de vos enfants ou des tâches ménagères. Ou encore faire vos courses, afin d’éviter un temps d’attente aux caisses pendant le weekend. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le baromètre de qualité de vie du site web du télétravail affiche 98%.
Les personnes à l’origine de l’initiative se disent très contentes avec l’organisation de cette première journée nationale du télétravail. Il n’y a pas que les entreprises qui ont des employés raccordés, certains médias aussi ont accueilli avec enthousiasme cette initiative. Ainsi, Tomas De Soete de Studio Brussel, avec son programme matinal « Thomas staat op », se lèvera cette fois-ci de la maison pour présenter son émission du jeudi 28 octobre. Les enquêtes sur Data News et HR Square montrent les mêmes tendances mais l’enquête des professeurs Walrave et Taskin donne encore plus de détails. L'organisation patronale Unizo, de nombreuses autres entreprises et le gouvernement de la Région Wallonne se trouvent également derrière cette idée. Ce n'est pas insignifiant, étant donné que les chefs d'entreprise sont aussi dans ce débat, les décideurs. Des réactions par sms, des discussions sur des réseaux sociaux comme Facebook, et des posts sur internet se sont manifestés autour de cette initiative. Il est clair que la discussion est engagée.
Mais la discussion se poursuivra après le 28 octobre. Ainsi le site web : http://www.journeenationaleduteletravail.be/ contiendra des enquêtes, des études de cas et autres initiatives corrélées.